Le cinéma n'aurait sans doute pas pris racine si profondément en Inde s'il n'avait pas répondu à des attentes culturelles religieuses comme artistiques.

Au-delà du film mythologique, les grandes épopées influencent de très nombreux scénarios de film, du coup, ce nouvel art, à sa naissance, n'apparaissait plus comme une menace envers les traditions les plus anciennes, mais au contraire, comme une suite logique.  

Les héroïnes sont l'idéale de la femme, la mariée de rêve, courageuses et honnêtes combinant la sérénité de la femme traditionnelle et la passion de la femme moderne pour un héros modelé sur un des dieux.

Or c'est à la mythologie que le public indien doit sa relation très particulière au cinéma: dans la salle, le spectateur vit en osmose avec les héros du film, réagissant à chaque acte de bravoure ou d'amour, montrant son contentement ou son 

mécontentement avec des cris, des sifflets, en chantant

et en dansant car les musiques étaient connues avant même la sortie du film.

A l'instar des autres formes d'art indiennes, le cinéma tire nombre de ses caractéristiques du Natyashastra, traité fondateur de la danse, du théâtre et de la poésie. Ce traité établit l'existence de huit rasas dramatiques, des énergies qui investissent les personnages  au théâtre et sont ressenties par le spectateur comme une expression du divin. Les huit rasas sont: la comédie, l'empathie, la colère, la bravoure, la peur, la haine, l'érotisme et l'émerveillement. Un neuvième rasa, le bonheur, s'est ajouté bien plus tard.

Le cinéma populaire ou masala s'est approprié ces rasas.

La musique et la danse apparaissent lorsque les événements prennent une dimension extraordinaire.

La "romance familiale féodale caractéristique du film populaire indien, utilise une structure narrative influencée par les contes d'amour et d'aventures, utilisant la chanson et la danse du théâtre classique et populaire de l'Inde, ainsi que la comédie, l'expression forte des émotions, et la tradition hindoue de la victoire du bon sur le méchant.

L'occident a repris le terme bollywood pour désigner les danses des films indiens.